[ Livre ] Dictionnaire Infernal

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Dictionnaire Infernal

Auteur: J. Collin de Plancy
Editions: Lacour-Rediviva, 1993

Quatrième de couverture:

Les ouvrages qui traitent de ces matières ne sont généralement que d’indigestes amas d’extravagances, ou d’incomplètes compilations, ou de froides discussions mal coordonées. Les personnes qui veulent connaître un peu ces matières et faire la collection des ouvrages rares et curieux dont elles sont le sujet, doivent pour cela dépenser de grandes sommes et passer plusieurs années dans ces recherches. On croit pouvoir leur épargner tous ces frais et toute cette peine dans cette nouvelle édition, entièrement refondue, du Dictionnaire infernal. Les curieux y trouveront tout ce qui concerne les démons, les esprits, les lutins, les farfadets, les fantômes, les revenants, les spectres, les vampires, les gholes, les sorciers, les lamies, le sabbat, les loups-garous, les francs-maçons, les magiciens, les gnomes, les sylphes, les salamandres, les fées, les ogres, les génies, les évocations, les secrets merveilleux, l’alchimie, la cabale, les talismans, l’astrologie judiciaire, la physiognomonie, la chiromancie, la métoposcopie, la crânologie, le magnétisme, la baguette divinatoire, les horoscopes, les songes, la cartomancie et les autres moyens de dire la bonne aventure, les erreurs et les préjugés populaires, les fausses opinions, etc…, et, en un mot, le résumé de tous les livres écrits sur les superstitions, la notice des démons et des sorciers, et des articles sur les démonographes. On pourra y juger ce que sont les fatras, dangereux malgré leurs sottises, que de pauvres insensés recherchent encore Le Grand et le Petit Albert, les Grimoires, le Dragon Rouge, les Clavicules de Salomon, l’Enchiridion, attribués si effrontément au Pape Léon III, etc, etc, etc… .
Dans des sujets qu’une adresse satanique a si souvent accolés à la religion, il se présentera quelquefois, pour l’écrivain, des rencontres perfides et des passes délicates. Puisse l’esprit de sagesse le diriger! Si dans certains articles il se trompe, il déclare d’avance que, fils soumis de la sainte Eglise, et soumis sans restriction et sans réserve, il désavoue, condamne et déteste tout ce que l’Eglise pourrait désapprouver dans son livre.

Mon avis:

Malgré un titre qui pourrait laisser présager de n’y trouver que des termes diaboliques, les entrées sont plus diversifiées que l’on ne le soupçonne: l’auteur rapporte les superstitions concernant par exemple les organes, sur les fées et divers personnages merveilleux, les animaux (éléphants, chauve-souris…), les plantes et leurs utilisations, mais dresse aussi des biographies succinctes ponctuées d’anecdotes de personnages connus ou non, et de tout milieux sociaux (des rois, des moines, des bergers….). On trouve également dans le dictionnaire des noms de démons et de diverses divinités.
Au premier abord le dictionnaire semble austère, mais certaines « définitions » de de Plancy sont ponctuées d’humour: « Ce qu’il y a de plus remarquable dans l’histoire des vampires, c’est qu’ils ont partagé, avec les philosophes, ces autres démons, l’honneur d’étonner le dix-huitième siècle » (Vampires).
Si vous le lisez, pensez à vous mettre dans le contexte: c’était une autre époque, donc les croyances et superstitions, les idées -et le langage- étaient différents…

Bon alors personnellement, mon édition est plutôt de mauvaise qualité: des mots parfois tellement petits que l’encre déforme les lettres, des pages où le contraste est si faible que pour déchiffrer l’écrit relève parfois d’un tour de force, etc… J’espère que les éditions nouvelles ont remédié aux problèmes d’impression!

Quelques extraits (pas trop longs et au hasard):

Ukobach – Démon d’un ordre inférieur. Il se montre toujours avec un corps enflammé; on le dit inventeur des fritures et des feux d’artifice. Il est chargé par Belzébuth d’entretenir l’huile dans les chaudières infernales.

Coirières (Claude) – Sorcière du seizième siècle. Pendant qu’elle était détenue en prison, elle donna une certaine graisse à un nommé François Gaillard, pareillement prisonnier, lequel, s’en étant frotté les mains, fut enlevé de sa prison par l’assistance du diable, qui toutefois le laissa reprendre.

Césara – Les Irlandais croient remonter à Césara, petite-fille de Noé, qui se réfugia dans leur île, où, par grâce spéciale, elle fut à l’abri des eaux du déluge.

Io – Cette femme que Junon changea en génisse est traitée de sorcière dans les monographes. Delancre assure que c’était une magicienne qui se faisait voir tantôt sous les traits d’une femme, tantôt sous ceux d’une vache avec ses cornes.

Savon – Dans l’île de Candie et dans la plupart des îles de la Turquie et de la Grèce, on évite d’offrir du savon à quelqu’un. On craindrait par là d’effacer l’amitié.

Wattier (Pierre) – Il a publié au dix-septième siècle la doctrine et interprétation des songes, comme traduite de l’arabe de Gabdorrhaman, fils de Nosar; in 42, Paris, 1664.

Babau – espèce d’ogre ou de fantôme, dont les nourrices menacent les petits enfants dans les provinces du midi de la France, comme on les effrayent à Paris de Croquemitaine, et en Flandre de Pier-Jan Claes. Mais Babau ne se contente pas de fouetter, il mange en salade les enfants qui sont méchants.

Amaranthe – Fleur que l’on admet parmi les symboles de l’immortalité. Les magiciens attribuent aux couronnes faites d’amaranthe de grandes propriétés et surtout la vertu de concilier les faveurs et la gloire de ceux qui les portent.

Eau d’ange – Pour faire de bonne eau d’ange, ayez un grand alambic, dans lequel vous mettez les drogues suivantes: benjoin, quatre onces; styrax, deux onces; sandal citrin, une once; clous de girofle, deux drachmes; deux ou trois morceaux d’iris de Florence; la moitié d’une écorce de citron; deux noix de muscade; cannelle, demi-once; deux pintes de bonne eau de roche; chopine d’eau de fleurs d’orange; chopine d’eau de mélilot; vous mettez le tout dans un alambic bien scellé et distillé au bain-marie; et cette distillation sera une eau d’ange exquise ainsi nommée parce que la recette en fut enseignée par un ange…

Dysers – Déesses des anciens Celtes, que l’on supposaient employées à conduire les âmes des héros au palais d’Odin, où ces âmes buvaient de la bière dans des coupes faites des crânes de leurs ennemis.

Anpiel – L’un des anges que les rabbins chargent du gouvernement des oiseaux; car ils mettent chaque espèce créée sous la protection d’un ou plusieurs anges.

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2 commentaires sur “[ Livre ] Dictionnaire Infernal

  1. Dans la série des dictionnaires qui portent « mal » leur nom il y a le Dictionnaire du Diable, d’Ambrose Bierce. Rien de bien diabolique mais un dictionnaire d’une grande qualité humoristique et d’époque.

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