[ Livre ] Aghora, Tome 1 – La Voie de la Main Gauche

 

Aghora, Tome 1 – La Voie de la Main Gauche.

Auteur:  Robert E. Svoboda
Editions: Les Editions du Relié, 1997

Résumé Quatrième de Couverture:

L’histoire que vous aller lire est celle de l’Aghori Vimalananda. Un Aghori est un adepte de la discipline spirituelle appelée Aghora. La terme Aghora peut être interprété comme « plus profond que le profond » ou « doux » ou « rempli de lumière, illuminé ».
Sa vie durant, Vimalananda a résisté à toutes les tentatives d’être mis dans un moule. Il conserva jalousement son originalité. Il avait une personnalité très affirmée, mais en même temps, c’était un homme très difficile à cerner et à définir. Aghora, tel que nous en parlons dans ce livre, c’est Aghora selon l’enseignement de Vimalananda exclusivement. Il pensait que chaque individu devait se « frayer sa propre voie », c’est-à-dire étudier ce qu’il, ou elle, pouvait comprendre, et choisir les pratiques qu’il pouvait suivre avec sincérité, pour ensuite les exécuter fidèlement.
Certains des évènements décrits dans ce livre pourraient bien offenser la sensibilité du lecteur. C’était en partie l’intention de Vimalananda. Il voulait faire comprendre à certains renonçants occidentaux trop satisfaits d’eux-mêmes, que « saleté et orgie dans les cimetières » (pour reprendre la description d’Aghora faite par un occidental) peut autant inciter à la croissance spirituelle que les asanas, pranayamas et autres disciplines « plus pures ». De toutes façons, certains aspects intrinsèques d’Aghora sont, et doivent rester totalement incompréhensibles pour l’individu ordinaire.
Le Tantra a été divisé en deux voies: celle de la Main Gauche et celle de la Main Droite.
La Voie de la Main Gauche exige de ses adeptes la plus absolue des puretés comme protection nécessaire lors de la pratique de rituels qui peuvent effectivement inclure: nécromancie, drogue, activité sexuelles ou d’autres pratiques « interdites ».
Aghora n’est jamais complaisante; c’est, en fait, la transformation énergique de l’obscurité en lumière, le passage de l’opacité de la personnalité individuelle limitée à la Luminescence de l’Absolu.
Un Aghori pénètre si profondément dans l’obscurité, dans ses aspects les plus inimaginables pour le commun des mortels, qu’il en ressort dans la lumière. Pour un Aghori, la lumière c’est de l’obscurité accueillie, explorée et transformée.
Aghora est l’apothéose du Tantra.

Table des Matières:

I. Ma
II. Shakti
– Maya Shakti
– Kali et Kalidasa
– Vidyaranya
– Sarvananda et Purnananda
– La Déesse-Mère
– La Vision de la Déesse
III. Shiva
– Mahakala
– La Mort et le Smashan
– Anjaneya
– Sagal Shah
IV. Rnanubandhana
– Destin et Rnanubandhana
– Ranu
– Post-criptum de l’auteur
V. Les Maîtres
– Mes trois maîtres
– Dévouement au gourou
– Gourou et disciple
VI. Aghora
– Le Vrai et le Réel
– Restrictions
– Les Drogues
– Mourir de son Vivant
– La Voie de la Main Gauche
VII. Les Esprits
– Les Esprits
VIII. Sexualité
– L’Homme et la Femme
– La Nature du Sexe
– Le Rnanubandhana du Sexe
– Le Mariage
– Création et Procréation
– Ojas
– Préservation
– Svapneshvari Siddhi et Shiva Lata Mudra
– Amrita
– Vajroli
– Bhairavi
X. Girnar
– Girnar
– Dévotion
Glossaire

➠ Avis:

Livre clair et bien écrit, on saluera la bonne initiative de l’auteur d’inclure un glossaire à la fin du livre pour rappeler certains termes indien et hindous déjà définis au fil des pages, mais aussi ceux qui ne l’ont pas été et dont on retrouve leur explication au même endroit.
Peut-être que c’est parce que je suis une Occidentale, que j’ai une pensée typiquement occidentale (malgré mon ouverture d’esprit), mais certaines choses produites par les personnages -et, notamment, l’Aghori-, me semblent parfois extrêmes.  Je ne sais pas, de mon point de vue, plus on plonge vers la noirceur, moins il n’y a de chance d’en revenir par la lumière… L’être humain prend parfois tellement goût au « coté Obscur de la Force » qu’il s’enfonce d’autant plus à l’intérieur sans jamais pouvoir en ressortir. Je peux comprendre le fait de vouloir explorer pour « dépasser », et par là, se purifier de nos vices et autres choses sombres latentes (ou pas!) nous habitant, mais je ne suis pas certaine que cette méthode puisse convenir à beaucoup d’entre nous. Il faut tellement se dépasser, qu’à pratiquer certains actes (exemple: cannibalisme) pourrait très fortement faire perdre la tête à la plupart des personnes se lançant dans la voie « aghorique ».

On peut se poser plusieurs questions après lecture de ce livre! Voici deux des miennes:
– Peut-on commettre des « interdits » tout en ayant, en commençant, des principes, une morale, purs et vivre avec les conséquences des actes commis?
– Les Aghori ne sont-ils pas, pour la plupart, des personnes déjà attirées par certains extrêmes, et n’utilisent-ils pas cette « excuse » de voie philosophico-spirituelle pour s’adonner à ces « interdits »?
Je peux comprendre certaines choses dans le livre, néanmoins je n’adhère pas à tous ses propos, ni à certaines pratiques des Aghoris. Il s’agit là de leur Voie, leurs croyances.

A l’exemple de mes questions personnelles, le livre nous en pose aussi, nous révélant parfois ses propres réponses, mais nous incitant tout de même à avoir nos propres avis. Bien que l’on ne peut pas forcément adhérer à certains actes, ne pas partager certaines idées, le livre reste néanmoins très intéressant. Quelques extraits:

Kali et toutes Ses manifestations -Smashan Tara, Chinnamasta, Bagalamukhi, et les autres – ne sont pas méchantes. Personne ne désire les aimer, tout le monde les craint. Kali ne peut pas comprendre pourquoi on a tous peur d’Elle. En L’aimant suffisamment, vous pouvez transformer Sa nature destructrice à tel point que même Sa soif naturelle de boucherie disparaîtra. […] Elle vous aimera comme une mère aime son enfant. Mais, si par contre vous n’avez pas foi en Ma, la Grande Déesse, et que vous échouez dans votre vie, il ne vous reste plus qu’à naître et renaître jusqu’à l’accomplissement.

(p.75)

Je n’ai jamais cru en la religion. Toutes les religions sont limitées parce qu’elles se concentrent sur un seul aspect de la vérité. C’est pour cela qu’elles sont continuellement en conflit entre elles, car chacune croit qu’elle est la seule détentrice de la vérité. Mais je dis que la connaissance est infinie, donc il est inutile de vouloir la réduire à un seul écrit, un seul livre saint ou une seule expérience. Lorsque l’on me demande quelle est ma religion je réponds: « Je ne crois pas au Sampradaya (secte), je crois au Sampradaha (incinération). » Brûlez tout ce qui s’immisce entre vous et votre perception de la vérité.

(p.185)

A propos, la viande est également une drogue. Elle intoxique autant que la musique, l’alcool, la marihuana ou le sexe. Mais elle implique la mort d’un être de sensation et je suis contre cela, car j’aime les animaux. En plus, lorsque vous mangez de la viande, vous devez pouvoir vous assurez que l’animal se réincarne à un niveau supérieur, si vous ne voulez pas être souillé par le karma. Donc il vaut mieux l’éviter.
Les Aghoris adorent prendre des drogues pour trois grandes raisons. D’abord, il y a le défi et la réponse. C’est une lutte entre l’aghori et la drogue: qui sera le plus fort? La drogue parviendra-t-elle à dominer la volonté de l’Aghori et à noyer sa conscience, ou l’Aghori pourra-t-il contrôler l’effet de la drogue et la soumettre? L’excitation d’un tel duel est déjà en soi une sublime intoxication.

(p.194)

Un Aghori oubli le sens de « mauvais augure ». Les gens orthodoxes s’imaginent que les cadavres, les crânes et le sang menstruel sont sales, et que les utiliser comme objets de vénération relève de la folie ou pire. La pensée même de manger de la chair humaine les dégoûte. Mais un Aghori trouve tout cela très utile.

(p.203)

Les Aghoris mangent de la chair humaine, mais ce n’est pas parce qu’ils sont devenus cannibales. C’est un rituel. J’ai mangé de la chair humaine à maintes reprises; même mon fils a mangé de la chair humaine. J’avais l’habitude d’attendre près du bûcher funéraire jusqu’à ce que le crâne explose; Ca fait un bon crac!

(p.205)

Le démon fut stupéfait et pria Janaka de retourner au ciel. Les esprits des morts supplièrent: « Non, n’y allez pas, restez avec nous! »
Janaka dit au démon: « Non, je ne veux pas partir. Je préfère rester ici, pendant des dizaines de milliers d’années si nécessaire, jusqu’à ce que tous ces êtres soient libérés de leur asservissement. »
Lorsque Vishnu entendit ces paroles il fut étonné et se dit: « Même moi qui suis protecteur des mondes, je n’ai pas fait ce qu’a fait cet homme. » Alors Brahma, Vishnu et Shiva pratiquèrent l’Abhisheka sur Janaka et le bénirent. Une des conséquences de la bénédiction fut la naissance de Sita, la femme de Rama.

(p.262)

On parle de baisers mais on ne sait pas combien de sortes de baisers existent. Permettez-moi de vous en parler de trois. […] Le baiser satanique est un baiser sur les yeux donné par une Dakini ou une Pishacha. Ce baiser vous fera voir le monde éthéré, ce qui, très probablement, vous fera perdre la raison; c’est en cela qu’il est satanique. […] L’acte sexuel lui-même est-il autre que l’union des deux bouches inférieures? Lorsque quelqu’un s’est abandonné à vous jusqu’à vous ouvrir son corps, ne devriez-vous pas toujours vous en souvenir?

(p.286-287)

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